La presse se tromperait-elle de combat?


La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de diner avec plusieurs personnes des médias – je connais parfaitement mes limites et clairement je ne suis pas un expert des médias. Pourtant, en les écoutant, j’avais l’impression qu’ils se trompaient de combat. Une réflexion somme toute simple que je voulais partager en toute humilité. Sans doute qu’il y a mille papiers sur le sujet d’ores et déjà mais dans le doute, ce blog reste un espace de partage de réflexions. Tous parlaient de la bataille sur le contenu et de la manière de le produire au mieux (journalistes multitâches) et de le commercialiser (pub) ou de l’enrichir (vidéo et datas, autres) et des problématiques liées évidemment. Pourtant, de mon point de vue, cette bataille est déjà perdue depuis longtemps.

Je m’explique: que ce soit à travers les marques, les blogueurs ou autres, le contenu gratuit ET qualitatif est partout. Il serait facile de répondre que ce contenu n’est pas vérifié, qu’il ne traite que de l’information à chaud mais ce n’est pas vrai. Il y a des professionnels qui partagent du contenu à forte valeur ajoutée gratuitement parce qu’ils y trouvent un équilibre ailleurs et c’est le plus gros souci de la presse à mon sens. C’est typiquement mon cas quand je diffuse une présentation sans doute au niveau d’un certain nombre d’ouvrages payants équivalent. Du coup, à l’instar du nouveau site de Libération, on se retrouve avec de la publicité partout afin de tirer parti un maximum des quelques visiteurs qu’on arrive encore à drainer (je grossit le trait exprès) tout en se rendant compte que cette expérience est mauvaise et qu’elle rebute les lecteurs.

Si on se réfère à l’industrie musicale, si vous souhaitez écouter de la musique gratuitement et légalement, c’est totalement possible, il suffit de faire des playlists sur Youtube. C’est ce que font beaucoup d’adolescents qui considèrent Youtube comme leur premier moteur de recherche d’ailleurs. Alors pourquoi payer pour Spotify ou deezer? Pour le choix bien sur mais aussi et surtout pour le service… Pour moi, la bataille de la presse se situe beaucoup plus dans le service que dans le contenu, même si ce dernier reste la matière première bien sur (ne me faite pas dire que le contenu n’a aucune importance). Il y a tellement de frictions pour un lecteur (le format, le support, les outils autour…). Ce n’est pas tant que les consommateurs ne veulent pas payer, mais quand on paye, on ne veut pas simplement accéder au contenu (aux nouveaux articles et aux archives), on veut une expérience agréable et sans friction. Dans ce sens, je trouve que les travaux de Marie-Catherine répondent bien mais il y en a beaucoup d’autres bien sur.

UPDATE:

Un article vraiment intéressant vient d’être publié aujourd’hui sur le sujet, je vous invite donc à le lire avec attention.

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Créé avec amour par Grégory Pouy

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