Facebook est-il en train de creuser sa tombe ? (garantie sans Instagram inside)

Si vous avez déjà lu des notes sur le milliard de $ que vient de dépenser Facebook pour acheter Instagram, ca tombe bien car ce n'est pas du tout le sujet de cette note, sinon je vous conseille cet article.

On y va donc : 

"Facebook est inévitable étant donné que les internautes y passent tout leur temps".

Cette phrase n'est pas de moi mais d'une directrice de la communication d'une marque très importante avec laquelle je discutais la semaine dernière. Loin d'être un cas isolé, c'est le mode de pensée de la majorité des marques et agences.

C'est précisément là dessus que Facebook essaie de jouer. Maintenant qu'ils sont devenus incontournable il va falloir payer.

Ainsi, en septembre dernier Facebook avait tapé fort en réduisant de manière unilatérale la visibilité des pages de fans sur la homepage de leurs "fans".

Conséquence : une chute inévitable du taux d'engagement.

Vous avez bien tous en tête que les gens sur Facebook ne vont que sur leur homepage (et sur leur propre profil), ils n'interagissent qu'à cet endroit sur les statuts/vidéo/photos qui leur semblent mériter de l'attention. Plus il y a de l'interaction (j'aime, commentaire, partage), plus le statut remonte sur la homepage de tous les fans.

Mais si vous n'apparaissez pas à la base, aucune chance qu'ils interagissent forcément…C'est ce que Facebook nomme l'Edgerank équivalent du pagerank de Google (soit la visibilité naturelle dans le moteur de recherche).

Après cette modification en septembre dernier les chiffres sont tombés, il n'y a en moyenne que 16% (parfois beaucoup moins) de vos fans qui voient vos mises à jour de statut.

Aucune raison de s'exciter sur votre nombre de fans donc puisqu'en réalité quand vous avez 1 000 000 de fans, potentiellement ce ne sont que 160 000 d'entres eux qui vont potentiellement voir votre mise à jour, ce qui ne prévaut en rien sur le fait qu'il vont interagir avec…

Les raisons de Facebook sont relativement simples :

1. Préserver les membres : ne pas faire de leur homepage un mur publicitaire (ce qui tuerait le service)

2. Inviter les marques qui souhaitent être visibles à acheter toujours plus de publicité.

Il se trouve que Facebook a réitéré sa petite manipulation en mars/avril et donné encore moins de visibilité aux marques de manière naturelle. 

Résultat : un écroulement des taux d'interactions une fois de plus comme le schéma en bas d'article (toute précaution gardée puisqu'il est fait sur 1 mois uniquement – attention au titre du schéma avec lequel je ne suis pas d'accord non plus, il ne s'agit pas d'une "social média fatigue").

 On achète des fans à 1 Euro en moyenne, on paye cher pour qu'ils puissent voir le statut et on paye encore pour s'assurer que ce contenu soit assez qualitatif pour qu'il s'y intéressent et interagissent avec ce dernier. Au final, on est loin de la gratuité présumée…

Mais en même temps, Facebook est hégémonique (exception faite de quelques pays comme la Chine ou la Russie) ils sont les seuls à avoir cette position et devrait proposer des "packages" de visibilité pour les marques en mal de proximité.

A mon sens, Facebook va beaucoup trop vite mais surtout j'ai la sensation qu'ils font une erreur.

Il n'y a plus aucun intérêt pour une marque sans gros budget d'aller sur Facebook, idem pour les petits entrepreneurs car ils n'auront jamais les moyens d'être visibles.

Ors j'ai la sensation que cela représente une part importante du chiffre d'affaires potentiel (la longue traine comme on dit) et que c'est ce qui a fait (entre autre) le succès de Google qui d'ailleurs a toujours laissé la possibilité à du contenu de qualité d'être visible gratuitement qu'il provienne d'une marque ou pas.

Sans vouloir me répéter, on revient à dire que les pages Facebook sont une "erreur" et qu'elles sont arrivées un peu par hasard.

Elles donnent l'impression aux marques de pouvoir construire des communautés alors qu'en réalité il n'en est rien (pour la très grande majorité d'entres elles).

De plus,  ils essaient de muscler leur connaissance clients avec les app (type "ce que je lis", "ce que je regarde") qui vous oblige à charger une app pour lire l'article qu'un de vos amis recommande – ce qui a le don d'énerver certaines personnes aussi.

Pendant ce temps là d'autres espaces sociaux grandissent et Google avance (doucement certes) avec Google Plus qui sera plus pertinent (au moins pour le S.E.O) pour beaucoup de marques qui seront au moins visibles "gratuitement".

Reste à savoir s'ils sont vraiment indispensables ou si les marques vont réaliser qu'en réalité elle payent de plus en plus cher pour une communauté qui n'existe pas réellement et dont la base de données ne leur appartient pas…

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Créé avec amour par Grégory Pouy

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