A l'autre bout du monde…

Cela n’est pas habituel, mais pour une fois, je vais reprendre intégralement une note de quelqu’un d’autre, sans même y glisser un commentaire, je crois qu’elle se suffit à elle même. Cette note est issue du journal de bord de 2 amis (Ali et Christophe) qui font le tour du monde et qui nous raconte leurs péripéties au fil de leur avancée. Je vous invite d’ailleurs à aller regarder leurs jolies photos et lire leur récit ici ! J’ai trouvé cette note intitulée "misère sur un trône d’argent" tellement belle, vrai et à même de nous remettre les pieds sur terre avec nos problèmes d’égo, que j’ai voulu vous la faire partager, alors voilà :

Je vous avais déjà fait le coup à Koh Phi Phi, avec les dégâts du Tsunami, faire un post pour évoquer plus que nos fermetures de bars ou nos conneries en costumes divers. C’est a dire exprimer mes sentiments après une expérience qui m’a touché. Peut être une façon de libérer mon ame : top-depart site de psychothérapie?

C’était le cas a Phi Phi est c’est encore le cas ici a Potosi. Nous avons eu l’occase avec Cristobal de voir de la misère un peu partout dans le monde, en Afrique ou plus spécialement en Inde ou j’avais déjà vécu un surplus face aux gosses qui dormaient dans la rue a Mumbai (Bombay), Chris s’en souvient… Mais plus on en voit et moins on s’habitue je crois!

Potosi… La ville bolivienne qui a fait la prospérité de l’Europe agonise. Une population de mineurs misérables survit au milieu des ruines de son ancienne splendeur. «La misère est telle qu’elle donne envie de pleurer». L’historien bolivien Valentin Abecia n’exagère pas (citation d’un érudit d’ici pas de moi). Quiconque entre aujourd’hui à Potosi, à laquelle l’Europe doit une partie de sa splendeur, du XVIe au XVIIIe siècles, a le sang qui se glace. Avec les quelque 2 milliards d’onces d’argent extraites sous la colonisation espagnole, cette ville qui construisait ses rues avec des pavés d’argent, finança l’Invincible Armada et contribua à la Renaissance. Aujourd’hui, Potosi se meurt.

Il y a de ça quelques années, j’avais vu un reportage sur M6 sur un mineur qui travaillait dix heures par jour dans une mine en Amérique du sud et ce depuis l’age de 15 ans. Il avait 3 enfants et malheureusement, du aux 30 années passées dans ces tunnels et aux poussières inhalées, il était atteint d’une maladie pulmonaire et le médecin lui donnait deux choix :

-Arrêter maintenant et vivre peut etre 5 ans, -Continuer dans la mine et mourir dans moins d’un an…

Cet homme admirable avait "choisi" de continuer car il disait que 8 mois de salaire c’était mieux que rien pour ses enfant car si il arrêtait les revenus de la famille tombaient a zéro! Il pleurait en pensant qu’il ne verrait bientôt plus ses enfants (moi aussi) mais espérait le mieux pour le plus âgé qui était juste en passe de finir des études de mécanique et donc prendre le relai !

En dehors du ton tape a l’oeil et volontairement aguicheur du journaliste a la M6 qui cherchait a nous tirer la larme, les faits étaient bien la! Et j’avais été fortement marqué par le courage de cet homme et des autres mineurs car l’age moyen de ces travailleurs de l’argent est justement de 45 ans.

Je m’étais dis alors que (pour la 45115815484 eme fois) que l’on a un cul monstre et j’ai jamais oublié cet homme, sûrement mort depuis,a titre de devoir de mémoire et d’humilité.

Mais j’avais oublié le nom de l’endroit en question, et apres cette journée je pense que c’etait a Potosi…

Nous on a passé que 3 heures dans la mine, c’est super dur, la température monte pour atteindre 45 degrés par endroits, il faut ramper, grimper, descendre! La poussière vous attaque la gorge et les poumons! Et dire que ces gars la y passent de 8 a 15 heures par jour sans manger, tenant juste avec de l’eau et des feuilles de coca a mâcher! Ils sortent tout a la force des bras, certains wagons qu’on a croisé pesent 300 kgs a pousser a deux! Certains mineurs qu’on a vu avaient commencé a l’age de 12 ans! Vous faisiez quoi vous a 12 ans? Moi j’etais un petit con!

Enfin voila quoi juste pour dire que dans ce tour du monde on aura vu aussi que la misère est encore présente dans plein de pays et honnêtement les mineurs de Potosi méritent tout mon respect! Et ils l’ont d’ailleurs!

Ali

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Créé avec amour par Grégory Pouy

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