Médias sociaux : entre hype et réalité


Ce n'est pas la première fois que je le dis mais j'ai l'impression qu'on pourrait renommer le "top blog marketing" en le "top blog médias sociaux" (je m'inclus dans ce triste mouvement). Le problème avec les tendances c'est qu'elles envahissent tellement le domaine informationnel que l'on a l'impression que tout tourne autour de cela. Ors, ce n'est évidemment pas exact. De la même manière qu'il n'existe pas de "stratégie social media" mais bien une stratégie de communication qui inclus les bouleversements liés aux médias sociaux, il ne faut surtout par voir tout au travers de leur prisme. Je ne suis pas du tout en train de renier tout ce que j'ai pu écrire avant ni de dire que les médias sociaux n'ont finalement pas ou peu d'importance simplement, ils ne sauveront pas votre marque et il faut tout relativiser. Cela signifie tout simplement que tout commence (logiquement) par vos produits et services – s'ils ne sont pas bons, ca va se savoir et les médias sociaux ne pourront rien pour vous même si vous êtes hyper connecté (bien au contraire d'ailleurs). Les médias sociaux (qui ne sont pas une réalité pour tout le monde en France) ne sont pas en train de réinventer la relation marque/consommateur, ils la remettent là ou elle aurait toujours du rester, c'est à dire à un niveau personnel ou on se parle comme sur un marché du dimanche. la bonne ou mauvaise réputation se dessine ainsi sur le long terme. De la à dire comme Dominique Wolton que l'individualisme & les médias sociaux ne sont qu'une tendance et que les gens en reviendront, je ne suis pas complètement convaincu (en tous cas je ne crois pas que je vivrais assez longtemps pour le voir). Evidemment je m'accorde avec lui pour dire que la limite à ne pas franchir est sensible.

«Une marque n’est pas un psychothérapeute» avec We Agency et INfluencia from INfluencia on Vimeo.

Par ailleurs, en faire un silo est une erreur comme le fait d'embaucher un directeur des médias sociaux….il faut que les directeurs marketing s'intéressent de près à ces derniers, les vivent pour les comprendre mais surtout ne les relaient pas à une personne en particulier car c'est le meilleur moyen de ne pas prendre le tournant.

Lorsque j'étais à la conférence la semaine dernière à Talinn, une personne a posé une question simple mais pleine de sens : est-ce que 10 millions de vues à la TV ou 10 millions de vues sur Internet se valent ? Je les vois déjà les ayatollah du web (et ca été ma 1ère réaction aussi) expliquer que les vues à la tv sont du déclaratif, qu'on ne sait pas exactement ce que faisait la personne pendant ce temps là, que la personne n'avait pas choisi de regarder le programme Vs tout l'inverse sur Internet. Et c'est exact ! Toutefois, on ne peut pas nier que passer à la TV fonctionne tant pour la notoriété que pour l'effet de confiance qu'engendre le fait de passer dans ce média auprès des consommateurs (les choses changeront sans doute mais pour le moment, c'est une réalité). Dès lors, il ne faut pas penser Web ou TV mais bien les 2 évidemment (et non je ne suis pas en train de réinventer le 360°…mon Dieu, non !) quand on en a les moyens bien sur. Si je reste convaincu que les investissements publicitaires doivent être en cohérence avec ce que font concrètement les consommateurs d'une marque x ou y, cela ne veut surtout pas dire qu'il faut forcément faire soit tout l'un soit tout l'autre (les gens ne sont pas on ou off). D'ailleurs Facebook n'est sans doute pas pertinent pour toute une série de marque. Simplement, les modes de fonctionnement sont différents puisque sur la TV on fonctionne par un système de campagnes quand dans le digital on est dans un processus long terme plus proche de relation.

Au final, les médias sociaux sont une réalité et demande aux marketers de revoir leur manière de fonctionner en considérant les choses de manière plus globale mais ce n'est pas forcément la panacée et en aucun cas, cela ne saurait remplacer les investissements publicitaires plus classiques. Ils nous rapellent simplement que quand un marketer parle de "cible", il parle bien de quelqu'un. Je crois qu'il avait eu tendance à l'oublier.

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Créé avec amour par Grégory Pouy

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