Vlan #50 Un autre regard sur la sexualité et le plaisir féminin

Olympe de G! Derrière ce pseudo se trouve est une femme mutlifacette, entre autre réalisatrice et  actrice de films X alternatifs (ou féministes si vous préférez).
Ceci est l’épisode 50 de Vlan et je voulais marquer le coup avec un sujet qui me tient à coeur même s’il peut sembler sensible pour un homme de l’aborder.

Ce thème est sujet sociétal important  car comprendre l’évolution de la relation de la femme à sa sexualité doit parler à un peu tout le monde.
Nous en discutons avec sérieux mais sans intellectualiser et nous abordons le plaisir féminin, la sexualité mais aussi les films X. Ces derniers sont une part essentielle du « combat » d’Olympe de G que ce soit dans la manière de les produire mais aussi  pour leurs impacts sur l’éducation sexuelle.

 

Le plaisir féminin: entre culpabilisation, incompréhensions et mythes

Olympe de G s’est rendue compte très tôt et à ses dépends que dire son désir en tant que femme était très mal accepté en France voire pouvait prêter à raillerie.
Pourtant, elle a toujours considéré, a raison, qu’il ne devait y avoir aucune honte à cela.
Elle a une sexualité active et considère cela sain, beau et n’a pas nécessairement envie de le cacher comme la société l’ordonne – particulièrement aux femmes.
Une femme qui exprime son enthousiasme pour le sexe ne devrait pas être considérée comme une femme de petite vertu ou alors pas plus qu’un homme.
Il y a une telle inégalité sur le sujet entre hommes et femmes….
Elle qui vient de l’univers de la publicité et des clips vidéos s’est découvert une créativité forte quant il s’agissait de mettre en scène sa propre sexualité.
C’est donc avec plaisir qu’elle a décidé d’explorer l’univers du X avec son regard de femme.
Elle n’a évidemment pas la prétention de pouvoir modifier la perception de la sexualité féminine à elle toute seule mais elle pose sa pierre à l’édifice en proposant une offre différente.
Nous avons beaucoup parlé avec le mouvement #metoo du consentement et c’est évidemment un épisode très important dans la relation hommes-femmes dans notre société.
Mais comme le rappelle Olympe de G, le consentement doit pouvoir se faire dans les 2 sens et les femmes doivent pouvoir exprimer leur « oui », exprimer ce qu’elles aiment, ce qu’elles attendent à leur partenaire.
Pour ce faire, la connaissance de son corps, de son plaisir semble un passage obligatoire et la masturbation le meilleur moyen d’y arriver.
Pourtant la masturbation féminine reste encore tabou dans notre société, et ce, malgré la démocratisation et la glamourisation des jouets féminins.
Dans le même temps, il y a énormément de méconnaissance sur le sexe et le plaisir féminin.
Ainsi, il a fallu attendre 1998 pour enfin savoir à quoi ressemblait un Clitoris dans son ensemble.
Olympe de G de remarquer que cela est arrivé au même moment où on inventait le viagra pour l’homme.
Cette image 3D aura enfin permis de briser cette idée d’une jouissance vaginale supposée plus forte et plus mature.
De la même manière, combien de personnes ont lu d’articles sur le Point G, ce fameux point mystérieux censé renverser totalement les femmes.
Par conséquent, on culpabilise les femmes tant sur leur envie sexuelle que sur leur capacité à atteindre un orgasme dît vaginal.

 

 

Le plaisir féminin et le rôle des films X

En 2018, l’éducation sexuelle est encore majoritairement faite par les films X.
Comme le souligne Olympe de G, c’est triste et dommage que les enfants et les adolescents n’aient pas de véritables cours d’éducation sexuelle afin de briser les idées reçues sur le sujet.
Toutefois, les films X ont leur utilité comme par exemple de se découvrir de nouveaux fantasmes ou simplement d’aider à la masturbation.
D’ailleurs, Olympe de G de souligner une autre idée reçue selon laquelle les hommes seraient plus visuels que les femmes. Cela a été prouvé scientifiquement, les réactions pour les 2 sexes sont les mêmes devant des scènes X.
Mais dans un marché ou 90% des films sont gratuits au visionnage, les budgets sont ridicules et les conditions de tournage et de traitement des acteurs et particulièrement des actrices déplorable.
Dans ces films très majoritairement produits par des hommes les filles sont systématiquement montrée en position dominées.
On ne s’intéresse pas à leur plaisir non plus généralement.
Pourtant, dans les années 70, il s’agissait d’un vrai art cinématographique à part entière.
C’est aussi pour montrer ce qui l’excite, la manière dont elle a envie que son corps de femme soit caressé et baisé qu’elle a décidé d’apporter son regard féminin à cet art.
Mais elle est une militante d’un X éthique, c’est à dire d’un film bien produit dans le respect des acteurs/actrices et de toutes les personnes qui participent au film.
Elle souhaite également sortir des clichés racistes éculés que l’on retrouve dans ce genre cinématographique.
Il suffit de regarder les statistiques annuelles de Youporn dans lesquels on apprend par exemple que depuis de nombreuses années, le mot clef le plus recherché est « beurette ».
Olympe de G souhaite montrer des femmes en position de pouvoir parfois, des femmes qui connaissent leur corps et leur plaisir, montrer des hommes de manière érotique et ce qu’elle trouve beau et sensuel dans le corps masculin mais ausi montrer le sexe féminin de manière différente.
Il y a tant à dire et tant à faire sur le sujet de la sexualité féminine et du plaisir féminin que chaque pierre qui permet de casser les clichés éculés est la bienvenue.

gregfromparisAuteur: Grégory Pouy
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