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Information : et si on prenait un peu de recul ?

On en parle tout le temps, l'information partout, disponible en temps réel est une obsession sur le petit monde de Twitter et des blogueurs/spécialistes média.
Toute la difficulté quand on fait parti d'un milieu, c'est de savoir prendre du recul par rapport à ce dernier.
J'essaie de le faire constamment mais j'avoue ne pas toujours y arriver et parfois de regarder par mon oeillère.
L'Express sort aujourd'hui, avec iligo, une étude passionnante sur les usages des médias par les français en distinguant des cibles comme, les CSP +(c'est leur cible), les internautes ou encore les jeunes (pour avoir les tendances).

Evidemment je vous recommande vivement de lire l'intégralité de l'étude mais ce que j'en retiens malgré tout :
- L'information consitue un lien social et les français en ont majoritairement besoin que ce soit pour se distraire ou pour comprendre le monde. Ainsi 97% des français disent s'informer et y passe en moyenne 2h16/jour (c'est du déclaratif hein, il faut prendre du recul là aussi).
- La radio a toujours une place prépondérante mais ce n'est pas le cas chez les moins de 25 ans (cela confirme  donc l'étude Forrester à laquelle je faisais référence ici).
- L'information en temps réel est une réalité pour 42% des français qui souhaitent être informés à l'instant t
- Si la TV est toujours majoritaire sur le grand public, Internet la rejoint quasiment en temps passé/jour
- Chaque média a un rôle bien défini dans la tête des français (TV pour se divertir, Presse mag pour comprendre le monde et Internet pour avoir un esprit plus critique via les discussions avec d'autres - la radio se trouvant au croisement de la presse mag et d'internet)
- La "curation" (dans le sens d'un filtre pertinent) semble plébiscitée si elle vient avec du contexte et de l'approfondissement
- Les français veulent des points de vue différents, du débat pertinent autour de problématiques dont ils connaissent en partie les tenants et aboutissants
- 32% des français s'affirment producteurs de contenus (ce dont je doute fortement), 46% commentateurs, 88% propulseurs, 92% investigateurs, 96% débatteurs
- Les grilles de lecture classiques (par CSP) ne sont pas pertinentes pour comprendre "l'activité", seule la proximité avec l'information l'est (verticalité)
- Chaque "device" (terminal) a ses heures d'usage précises (internet est en phase avec le travail, Iphone avec les horaires de transports...), ce qui implique que quand on parle sur Internet, on discute avec des personnes en position B2B (supposés l'être en tous cas...)

Alors évidemment la présentation va dans le sens de la presse mag, ce qui semble logique étant donné que l'Express en est à l'origine et en même temps je trouve les insight très intéressants sur la manière dont il faut envisager les usages aujourd'hui.
On parlait la semaine dernière de contenus, contexte et curation et pour toutes ces marques qui se veulent créatrices de contenus, cette étude éclaire la manière dont il faut mettre en scène l'information en particulier sur le web.


Le digital révolutionne le commerce "on et off"

Le digital commence désormais à avoir un rôle prépondérant dans le commerce.
Certains l'ont compris très tôt, d'autres pas encore mais il est désormais impossible de le nier.
Il est devenu inévitable dans la plupart des secteurs que ce soit dans le cadre d'achat en ligne (bien sur) mais pas seulement...

Ecommerce : un secteur estimé à 176, 2 milliards aux US en 2015

Cette estimation émane d'une étude Forrester du 28 février.
Cette étude confirme que l'ecommerce se développe de manière très rapide, notamment grâce à de nouveaux clients (5,5 millions de nouveaux consommateurs aux US en 2010) mais principalement par la croissance phénoménale du panier moyen (70% de la croissance de l'ecommerce s'est faite sur des clients existants), ce qui donne bien le sens de l'histoire à venir (+ de clients qui dépensent de + en +…).
En 2010, c'est 8% du commerce aux US qui s'est effectué en ligne et Forrester prévoit que cela soit 11% en 2015.
En Europe, avec 81 milliards d'Euros (dont 72 sur les 7 pays les plus actifs), la croissance est encore plus marquée (systématiquement à 2 chiffres), avec 18% d'évolution entre 2009 et 2010 et une croissance attendue de 13% en 2011, toujours selon Forrester (qui a eu la bonne idée de sortir une étude sur le marché Européen le même jour).
De 157 millions d'acheteurs en ligne nous devrions passer en 2015 à 205 millions en Europe.
Même si les boutiques en ligne sont encore placées en second choix, c'est 57% des Européens (avec des vraies disparités par pays) qui achètent désormais en ligne avec un panier moyen à 517 Euros (si on se concentre sur 17 pays) et une prévision à 652 Euros dans les 3 prochaines années.
En France le panier moyen est à 445 Euros et c'est 59% de la population d'internautes qui achètent en ligne avec une prévision à 19 milliards d'Euros en 2015.
Plusieurs lancements comme Groupon ou le développement du commerce sur Facebook devrait accélérer encore ce train en marche. Le Social Commerce va être le prolongement naturel du ecommerce, la partenariat amazon/facebook étant un bon indicateur je trouve.


Ambiance musicale du dimanche : Gainsbourg forcément

Cette semaine moins de travail et plus de veille, ca fait vraiment du bien de s'ouvrir, de lire des choses nouvelles, de sortir de la tornade "médias sociaux" qui a tendance parfois à tourner en rond.

Autrement, cette semaine, préparation de ma conférence qui arrive cette semaine en Estonie à Talinn. Ca sera la première fois pour moi  dans cette partie du monde et je suis vraiment pressé de voir cela.

Pressé également de voir comment ils envisagent le digital là bas.

Cette semaine a également été l'occasion pour moi d'aller voir ce qui se passait du coté de chez Emmaus à Neuilly Plaisance.

Ca parait rien comme ca, mais c'était une vraie mission d'aller chercher une voiture chez mon frère puis de retrouver mon chemin malgré les différents GPS…(oui je sais, je sais…).

Coté musique, je ne peux pas ignorer l'anniversaire de la mort de Gainsbourg, c'est une certitude…du coup je reprends le clip de mon pote Manu que j'ai déjà mis dans mes vidéos du vendredi.

Manu est un fan absolu de Gainsbourg et il a eu la bonne idée d'organiser une flashmob avec des fans, comme lui de l'homme à la tête de chou. Dans la mesure où il a une boite de pro on obtient une vidéo qui mérite vraiment que vous la regardiez.

 

AT WORK / CLIP VIDEO "GAINSBOURG 20 ANS" / Requiem pour un Con / 2011 from AT WORK Productions / Paris on Vimeo.

Bonne écoute, visionnage et bon dimanche

 

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Contenu, Contexte et Curation

"Content is king ?"
"Context is King and Content is Queen ?"
Autant d'expression que l'on a pu lire ces dernières années sur les médias sociaux et puis arrive dernièrement le nouveau né : la curation (même si le principe n'est pas si nouveau).
Aujourd'hui les entreprises sont devenues des médias…blablabla…je pense que vous avez tous lu suffisamment de notes/articles/livres blancs/présentation pour vous le rappelez que je n'ai pas besoin de vous le réexpliquer (sinon cliquez sur les liens).
Je crois que la question d'une stratégie de contenus pour une marque ne doit plus en être une, il me semble évident qu'il est indispensable qu'une marque aille dans ce sens.
En dehors des questions relativement basiques (mais importantes) tournant autour de :
- Quels contenus pour quels médias ?
- Qui va créer le contenu (externe, interne et qui en interne) ?
- Position defensive ou offensive ?
Je considère ces questions comme primaires car elles relèvent principalement de l'interne et de la stratégie propre à la position de la marque.
Pour moi, la problématique est surtout que  penser communication, implique de réaliser que l'on est pas seul sur le marché et que par conséquent, il va falloir partitionner avec les autres et se poser d'autres questions comme :
- Comment se montrer authentique face à des marques qui adoptent toutes, peu ou proue, la même stratégie ?
- Devant la poussée du contenu UGC et de marques, comment sortir du lot que ce soit en rich media ou pas d'ailleurs ?
- Finalement la curation n'est-elle pas une position en tant que telle ?

La semaine dernière en discutant curation avec d'autres, je me disais que finalement cette position n'était pas complètement idiote :
- Pas de prise de risque puisque le contenu n'est pas produit par l'entreprise
- Une vraie utilité dans la jungle de contenus disponibles (regardez Owni (et lisez l'article sur la fin des fermes de contenus) ou Hellocoton)
- Un cout réduit puisqu'il n'est pas nécessaire de produire des contenus
- Une prise de position évidente dans l'écosystème si tenté que vous arriviez à être référent sur le domaine (et ce n'est pas neutre de sens)

Ce blog n'est pas Quora (il est en français déjà) mais finalement une note qui est plus une série de questions (c'est aussi le rôle d'un blog) car tout simplement je me les pose aussi.

Cela ne me semble  inintéressant surtout si des personnes spécialisées en contenu veulent bien répondre par commentaire voire même écrire une note sur ce blog, je les accepterais volontiers tant qu'elles ne font pas d'auto promotion.

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Réputation en ligne : Dior, Toyota et Nespresso – 3 exemples intéressants

Comme je l'ai dit plusieurs fois sur ce blog, la réputation en ligne (ou ereputation) est un sujet brûlant depuis quelques temps et, est malheureusement devenu un de ces buzzwords qui, à force d'être utilisés, ne veulent plus rien dire...

Pour faire simple le digital donne une nouvelle dimension à la réputation d'une marque tant du coté positif que du coté négatif et désormais tout à le monde a accès à la réalité de l'entreprise et peut la commenter. Il faut également noter que le digital a le désavantage de ne rien oublier et de faire ressurgir des éléments même passés.

En l'espace de 4h, 3 exemples me sont remontés par diverses sources et du coup, j'ai trouvé intéressant d'en faire une note :

1. Françoise Dior & Galliano

Vous n'êtes pas sans ignorer que Galliano a été licencié cette semaine de la maison Dior pour avoir tenu des propos antisémites et racistes.

Cela a fait beaucoup de bruit un peu partout, suffisamment pour faire remonter une autre vidéo de 1963 qui commence à faire le tour du web et des sites de médias montrant Françoise Dior parler de son mariage avec un Nazi anglais. 

La vidéo est pour le moins choquante.

 

2. Volkswagen & Toyota

On connaissait l'exemple de la vidéo virale Dove reprise par Greenpeace qui montrait à quel point un élément positif pouvait se retourner contre vous, mais je n'avais encore jamais vu une vidéo virale d'une marque se retourner contre une autre.

C'est pourtant ce qui s'est passé pour Toyota qui, non contente d'avoir du gérer une crise produit (problème d'accélération) importante, se retrouve avec une reprise en UGC de la fameuse vidéo de Volkwagen au Superbowl : The Force. La vidéo est à charge et risque de raviver des flammes à peine éteintes. 

 

3. Nespresso

Le cas de Nespresso est un peu différent mais je le reprends puisqu'il date d'hier également. 

En bref, un consommateur va chez Nespresso pour se faire servir et connait un léger désagrément, le twitte (oui c'est stupide, i aurait pu lever ses fesses) . Il fini par être servi avec un manager qui vient le voir en lui disant qu'il risque d'être licencié. L'histoire complète est là.

La réaction de Nespresso est évidemment bien trop importante pour un simple désagrément passager comme il en existe mille par jour.

 

Si je reprends ces exemples, c'est pour montrer plusieurs choses :

- Des cas de problèmes dans le digital vont arriver de plus en plus souvent

- Majoritairement ce n'est pas grave, tant que le problème se situe au niveau de la communication (et non du produit), et que la marque réagit bien (licenciement de Galliano) cela passera (je ne pense pas que les gens ont arrêté d'acheter Guerlain quant à Chanel l'effet était volontaire). Mais tout cela s'inscrit au passif de la marque malgré tout.

- Le digital a une mémoire et la réputation d'une marque se construit sur le long terme. Les internautes sauront retrouver l'information au moment voulu...

- Les attaques peuvent venir de partout sans que vous vous y attendiez.

- Il ne faut pas devenir un traqueur fou : s'intéresser à chacun des mécontentements clients quand on est une chaîne de service est non opérationnel. C'est le problème lorsque l'on donne trop d'importance à la voie du consommateur. Des excuses en magasin voire un tweet d'excuse auraient été bien suffisants si tant est qu'il eu fallu répondre.