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Sur Internet tout est gratuit non ? Le cas de Zara et du blog de Betty

 
Blog de betty et zara
Vu sur le blog d'mry, ce cas vraiment intéressant sur l'utilisation par une marque d'un contenu trouvé sur le web.
En résumé, Betty est une blogueuse relativement connue (pour info entre 20 et 40 000 visiteurs/jour oui oui par jour) qui se prend en photo pour montrer ses look.
Et puis, elle retrouve un t-shirt de la marque Zara largement inspiré d'elle (sans qu'on lui ai demandé son avis bien sur).
Certains pourront dire qu'il ne s'agit pas d'elle mais à mon sens, il n'y a pas discussion, les ressemblances sont frappantes en tous points mais la question n'est même pas là.
De toute manière, même si il y a très clairement un problème de Copyright (copie d'œuvre artistique), peut de chance pour une "petite blogueuse" d'attaquer le géant Zara…
Toutefois ce qui me semble intéressant ici, c'est plutôt la manière qu'ont les entreprises et plus généralement les gens de considérer le contenu sur le web.
Beaucoup partent du principe que quelqu'un qui partage doit  y trouver son compte et qu'il est limite redevable et qu'on peut attendre de lui toujours un peu plus qu'ils s'agissent d'analyses, d'histoires personnelles ou de photos ou que sais-je encore…
Et les internautes ont cette habitude de la gratuité de ce que l'on trouve sur le web, par conséquent ils utilisent sans vergogne et sans donner de crédit que ce soit pour les images (et moi même je l'ai fait trop souvent j'avoue – maintenant dans une présentation powerpoint je remets toujours les crédits photos) ou pour les expressions, les idées…. bref, c'est gratuit après tout !
Un des designers de Zara s'est donc librement inspiré du look de Betty sans même prendre de distance si ce n'est cet oeil un peu gros.
La maison Zara n'en sait sans doute rien, le directeur du design non plus d'ailleurs, il ne s'agit que d'un t-shirt et pourtant…
Dans l'autre sens je me souviens d'un quotidien français qui avait poursuivi des blogueurs pour avoir utilisé (en faisant référence) des bouts d'un article et avait remporté d'ailleurs, obligeant les blogueurs à payer une amende.

Autant dire qu'une marque dont on utiliserait le design de manière aussi évidente et, à fortiori dans une démarche commerciale, attaquerait illico presto.

Ici rien de tout ça, une blogueuse ne peut attaquer une marque comme Zara et le web va remonter comme moi cette affaire….sans doute une tempête dans un verre d'eau sauf si les medias plus classiques (et encore plus crédibles aux yeux des CSP +) décident de s'emparer de l'affaire.

Dans tous les cas une histoire qui ne sera pas oublié par certains (rpès de 500 commentaires sur la note de Betty) quand la marque connaîtra une vraie crise car le web à une mémoire lui…

gregfromparisAuteur: Grégory Pouy

Comments :

  1. soum wrote…

    Totally agree !…
    Pour ma modeste participation, j’ai relayé l’info sur mon profil facebook car je trouve le cas tout de meme assez enorme…
    J’adorerais que l’on s’en empare pour suscité un peu d’interet « dans l’autre semble » : david contre goliath ! On adore ça, nous autres 🙂
    A suivre…

  2. plouf wrote…

    Je vois aucun problème. Dans le premier cas, c’est une photo, dans le second un dessin. On peut ne pas parler de plagiat, techniques différentes, rendu différent.

  3. user.von wrote…

    @plouf, techniques et rendu différents fort bien, mais ça ne signifie rien tout seul et n’est pas suffisant. ça n’est qu’un des éléments qui entrent en ligne de compte, pour décider s’il y a plagiat ou non, ou au moins oeuvre dérivée : c’est plutôt ça dans le cas présent.

    il faudrait le trancher juridiquement. or elle indique sur son blog, post suivant, qu’elle ne va probablement pas s’engager dans cette voie. bon…

    si ce n’est pas du plagiat, il semble assez évident qu’on peut parler d’ « oeuvre dérivée ».
    or sur son blog figure une f.a.q. précisant le régime de droits de ses photos : elle sont diffusées sous CC by-nc-nd : nd = ‘non derivative’, pas d’oeuvre dérivée sans demande expresse, nc = non commercial, pas d’utilisation commerciale sans demande expresse.
    donc…

    certes, la jurisprudence pour les violations de CC est maigre, quelques cas seulement,
    mais il y a au moins d’intéressant un cas de procès aux Pays-Bas pour violation de licence CC (la clause ‘nc’) par un magazine people : c´était l’utilisation sans en avoir le droit (ni demandé) par le magazine d’une photo d’une personnalité, photo prise par elle-même, publiée sur flickr sous CC nc.
    le magazine a cru pouvoir se défendre en disant « ah mais on a vu le symbole CC (licence libre/ouverte Creative Commons), on a pensé que c’était gratuit et autorisé »… taratata défense en bois, a répondu le tribunal, si vous avez pu lire ‘CC’, n’étiez-vous pas capable de lire deux ou trois lettres plus loin ‘nc’ ? au reste de la part d’un éditeur professionnel comme vous c’est bien le moins qu’on est en droit d’attendre : le magazine a été condamné.

    source là-dessus : http://fr.creativecommons.org/weblog/index.php?2006/03/22/44-deux-decisions-de-justice-confirment-lapplicabilit-des-contrats-creative-commons-en-espagne-et-aux-pays-bas

    on peut de même, là, supposer que le personnel de zara (à quelque niveau que ce soit de la chaîne des gens concernés), sait lire, et peut agir en conséquence. sinon, eh bien, il faudrait leur apprendre à lire, comme à ce magazine batave.

    @gregory,
    sur « la manière qu’ont les entreprises et plus généralement les gens de considérer le contenu sur le web. » et « l’habitude de la gratuité », effectivement là ça devient intéressant, mais peut-être ne faut-il pas mélanger les entreprises et les gens d’une part, la « gratuité » de contenus sur le web et leur *usage* 1. gratuit ou onéreux, 2. licite, toléré ou non d’autre part.

    que « les gens » aient l’habitude de la gratuité sur le web et rediffusent, utilisent par exemples des images, comme vous dites l’avoir fait, et moi aussi (que ce soit net art ou échange entre potes), ok, mais cette gratuité est partagée si j’ose dire, la rediffusion se fait elle aussi à titre non commercial.

    que des entreprises soient tentées parfois ou aient l’habitude (parce qu’il semble en plus que ce ne soit pas la première fois, s’agissant de zara, un cas au moins avec une designer espagnole auparavant) de prélever, piller des contenus, oeuvres, travaux, diffusés à titre gracieux, pour en tirer un profit, ne relève pas du tout du même registre. quand, comme c’est le cas ici, cela se fait en violation patente des conditions de droits expressément précisés par l’auteur pillé, il y a clairement un problème.

  4. Tiz, Agence Web à Strasbourg wrote…

    Ce qui m’a semblé intéressant, c’est le fait que les marques viennent maintenant s’inspirer de la blogosphère pour trouver de nouvelles idées. Il y là un certain décloisonnement des départements marketing.

  5. Mox Folder wrote…

    Pis sinon la photo que toi et MRY utilisez vous avez demandé l’autorisation à la blogueuse ? 😉

    La blogueuse a t-elle tenté de rentrer en communication avec Zara avant d’écrire sa note ? ça me parait etre la base, ne serait que pour tenter de comprendre comment ça peut se produire. Après quand on expose une partie de sa vie sur le web, on prend ce risque…

  6. Mox Folder wrote…

    Dans les entreprises y a des êtres humains qui y travaillent, sisi !

    Et ils sont comme tout le monde, ils s’inspirent de leur environnement…

  7. greg wrote…

    Une personne t’as répondu de manière très précise et juridique si tu veux venir lire 🙂

  8. greg wrote…

    Ce n’est pas nouveau ça pour le coup même si elles ne l’assument généralement pas…

  9. greg wrote…

    Je crois que ca peut se produire très simplement : un designer xy qui s’inspire librement et n’en parle pas à sa hiérarchie, un design qui plait, il est imprimé…
    Je pense qu’elle a poussé un cri du coeur mais il faudrait vérifier j’avoue ne pas savoir….